Ma différence

A toi cher lecteur, sache que si tu es dyslexique,
je vais te démontrer que ce n’est pas un obstacle.

J’ai eu la chance d’avoir été diagnostiqué dyslexique dès l’école primaire, malheureusement on a aussi découvert que j’étais également dysorthogaphique, et cela n’a pas empêché mon redoublement du CE1. A partir de là, j’ai effectué des séances chez l’orthophoniste toutes les semaines jusqu’à mon collège. Je pense que c’est cette période du CE1 au CM2 qui m’a le plus touchée et qui m’a le plus fait sentir « différente » des autres. Un jugement que je me suis approprié alors qu’en réalité, je restais une enfant comme une autre, et pourtant c’est ce redoublement qui m’a fait réfléchir. Surtout suite à plusieurs évènements qui n’ont pas forcément entrainé les choses du bon côté. Je crois que c’est l’une de mes pires années scolaires de mon enfance tout simplement à cause d’une petite différence « mentale ».

J’avais l’âge de 7-8ans, à cet âge là les amies étaient plus importantes que les cours ou les devoirs à la maison que j’estimais juste ennuyants ou inutiles, surtout quand on a déjà fait le même programme scolaire l’année précédente … Mais ça ce n’était rien, c’était une nouvelle année qui commençait, je me suis retrouvée avec des camarades de classes que je ne connaissais pas alors que mes « amis » m’ont aussitôt oubliée dès que je n’étais plus dans la même classe qu’eux. Alors s’est installée la solitude puis les réflexions sur moi-même, par ennui, ainsi qu’une grande tristesse de perdre ces bonnes copines avec qui j’étais depuis la maternelle. Je les avais même invitées chez moi à mes anniversaires, inutile de vous dire qu’à cet âge là, on considérait ça comme des « trahisons »… Etant une personne pas très bavarde de nature, à la fin de l’année j’ai quand même réussi à me faire deux trois copines. J’ai gardé ces mêmes seules et uniques amies jusqu’à mon CM2, ce qui au fond m’allait très bien.

Le CM2 était ma dernière année avant d’atteindre enfin le collège que j’attendais avec impatience.

Pourquoi ? Je ne sais pas si c’est moi qui avais une mentalité plus mature mais en plus d’avoir eu le début de ma puberté, j’avais seulement l’impression d’être pas du tout à ma place, comme un « mal-être » profond qui me dérangeait déjà depuis deux ans. J’avais comme de la haine qui montait en moi, venant de partout.

Que se soi ma classe que je trouvais immature, ou bien mes notes qui n’allaient pas mieux malgré mon in-considérable redoublement. Ce qui me rendait aussi mal, c’était d’être « nulel » et devoir me retrouver avec des « gamins », parceque je ne savais pas « écrire » ! … C’était injuste !

Mon seul objectif étaient de partir le plus vite possible de l’école primaire et de trouver des personnes qui me ressemblent vraiment, sans me porter de jugement vis-à-vis du fait que je n’avais pas les mêmes façons de jouer ou de parler qu’eux (j’ai écrit « qu’eux » à la place de « que » ? Oups une erreur de dys, celle-là c’est cadeau je la laisse) les camarades de ma classe.

Je ne sais pas si on vous l’a dit, mais apparemment les personnes en difficulté-échec scolaire, ont un « don » autre part … Pour moi c’était la musique, j’avais une aurais musical (J’ai écrit aurais à la place d’oreille ? celle-là c’est la fatigue je la laisse aussi). Alors je me suis épanouie dans cet univers et je ne faisais plus attention à mes autres problèmes, j’avais même joué dans mon école primaire ! Jusqu’au jour où je m’en suis lassée, alors on a insisté pour que je continue, mais déterminée à vouloir arrêter, j’ai fini par arrêter… Cette passion aura su me divertir des problèmes scolaires pendant toutes mes années primaires sauf en CM2 où je commençais à m’en décrocher.

Enfin arrivé au collège, j’étais super enthousiaste à l’idée de trouver enfin des personnes comme moi, et je n’ai pas été déçue. Durent ma 6-5ème, on était plus nombreux et j’ai eu la chance de garder mes quelques copines de primaire. Durant toute l’année, j’ai découvert plein de personnes avec les mêmes problèmes que moi pour écrire, d’autres seulement par flemmardise et certains diagnostiqués comme moi ! J’étais vraiment loin d’être la seule dans ce cas-là, mais ce n’est pas pour autant que mon orthographe allait s’améliorer…

Ma mère s’est beaucoup battue pour que j’ai le nécessaire d’accompagnement et d’aide durant toutes mes années scolaires, alors au collège j’ai pu bénéficier d’un PAI, malheureusement à mon « époque » ce n’était pas tous les profs qui l’acceptaient, mais bon en positif je me rappelle surtout de ma prof de français et ma prof d’anglais qui m’ont bien aidée. Elles faisaient des aménagements avec des textes è trous. J’ai eu de la chance d’avoir quand même eu un peu d’aide durent ces deux années mais malgré ça, la crise d’adolescence a pris le dessus et je me suis volontairement mise en échec scolaire. Et même si vous allez trouver ça stupide d’avoir volontairement nui à sa propre scolarité, je ne le regrette absolument pas.

 

J’ai effectué ma 4-3ème dans un autre collège très loin de là où j’habitais. Un tout nouveau départ pour moi, qui a été comme une renaissance. J’étais inscrite dans un lycée peu commun qui effectuait une 4-3ème agricole, inutile de vous dire à quel point je ne pouvais pas mieux me sentir à ma place qu’ici. J’étais dans une classe de 15 élèves avec des professeurs qui nous suivaient de près et tous sans exception ! Les cours étaient du niveau scolaire de 4-3ème adaptée selon nous à nos difficultés, quoi demander de mieux ?

De 6 de moyenne générale en 5ème, je suis remontée à 14/20 en 4ème… En plus d’avoir réussi à combattre cette dyslexie-dysorthographie, j’ai su reprendre confiance en moi et enfin aller de l’avant. J’ai gardé une très bonne moyenne pendant ma 4-3ème, et j’ai passé et réussi mon CFG et mon Brevet avec mention !

D’ici là j’ai su enfin me dire que NON, je n’étais pas entièrement différente et que OUI, on a tous un avenir qu’importe nos différences !

Pour les plus curieux, maintenant je me suis dirigée faire (ha…un autre cadeaux de dys, je voulais écrire « vers » mais mon cerveau n’a pas voulu, saleté d’hyperactivité …) un BAC Pro Service à la personne, pour aller dans le secourisme. Je bénéficie d’un tiers-temps pour passer mes examens ainsi qu’un soutien général des élèves qui sont la plus part (ça s’écrit comment déjà ?) aussi dans les mêmes difficultés scolaires.

Ondine B, 17ans, Dys depuis ma naissance jusqu’à ma mort.

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